Article paru dans l'Echo Républicain, le mercredi 5 mars 2008, par Philippe Cavart et Hélène Bonnet.
En 2001, il s'était retiré de la course au second tour des municipales à Chartres alors qu'il était en mesure de se maintenir avec
la liste d'union UDF-RPR. Cette fois, Eric Chevée, à la tête de la liste (sans étiquette) l'alternative Chartres 2008, entend jouer pleinement sa carte.
Le secrétaire départemental du MoDem souhaiterait aller jusqu'au bout avec toute son équipe mais n'exclut pas des alliances -pourquoi pas avec Bernard Farion – en fonction des
résultats du premier tour. Il s'en est expliqué, hier matin, dans le bureau de son Q.G. de campagne, boulevard de la Courtille.
Le climat de cette campagne municipale est-il différent de celui de 2001 où vous étiez déjà
candidat ?
J'ai un peu l'habitude des campagnes électorales. Je ne suis pas stressé. Mais il y a dans la ville une ambiance de fin de règne
qui n'est pas saine. Elle changera du tout au tout le jour où il y aura un nouveau maire. Il faut arrêter d'opposer les Chartrains. C'est la pierre angulaire de notre projet.
Vous avez déjà perdu plusieurs batailles électorales. Partez-vous confiant pour ce scrutin
?
Il y a un moment où la rencontre se fait avec les gens. En 2001, on a raté le coche de très peu. Derrière, cela a été difficile de remonter la pente. Il fallait rester présent dans le
paysage pour proposer une alternative. Depuis plusieurs semaines, je fais une campagne d'une extrême proximité. J'ai tiré 7000 à 8000 sonnettes. Je connais toutes les problématiques des quartiers.
Le rendez-vous est pris avec les Chartrains. Je suis confiant.
Le sondage écho -BVA-Orange vous crédite de 15 % au 1er tour, un score similaire à celui de la législative. N'est-ce pas
décevant ?
Je ne crois pas du tout que ce sondage soit le strict reflet de la réalité. La construction même de ce genre d'enquête faisait
qu'avec mes colistiers, nous savions qu'on allait être crédité d'un score de 15 %. On n'a pas été surpris même si, bien sûr, cela ne nous a pas fait plaisir. Je pense qu'on sera au-dessus de 20 %
et que Gorges ne sera pas aussi haut (NDLR, 41 % selon le sondage).
Alors que vous étiez en position de vous maintenir au second tour en 2001 ou de fusionner avec Jean-Pierre Gorges,
vous aviez décidé de vous retirer de la course. Le regrettez-vous aujourd'hui ?
En 2001, on sortait de 24 ans de Lemoine. Les Chartrains avaient une profonde envie de changement. Quelle que soit ma position, le
résultat aurait été le même. Je ne regrette pas de ne pas avoir fusionné avec Jean-Pierre Gorges. J'ai proposé à l'UMP de l'écarter après la législative. Ils n'ont pas voulu car c'était trop
tard. Nous avons un problème de valeurs avec le maire sortant. Nous n'avons pas la même conception de la démocratie locale. Cela creuse un fossé infranchissable. Je ne ferai pas équipe avec lui.
Sa soi-disant main tendue entre les deux tours de la législative n'était qu'une démarche électorale d'un candidat aux abois.
D'autres alliances sont-elles possibles au second tour ?
Avec mon équipe, nous avons bâti un projet cohérent, équilibré entre les quartiers. Notre objectif est d'emmener ce projet tout
seul jusqu'au bout.
Aucune fusion de listes n'est donc possible avec la gauche ?
Nous avons le même diagnostic sur la ville. Il y a beaucoup de points compatibles. Les projets ne sont pas de droite ou de gauche.
Ils sont bons ou mauvais. En fonction des résultats, je n'exclue pas de faire des alliances. Si Bernard Farion faisait plus de 5 %, il pourrait y avoir des contacts. On n'est pas fermé à toute
discussion. On verra dimanche soir quel sera le message des Chartrains.
Et vous, quel message voulez-vous leur donner ?
Pour dimanche, le choix est
clair : si les électeurs ne veulent pas de Madame Vallet à la mairie, il ne faut pas se tromper de bulletin. Il faut voter Eric Chevée. S'ils votent Gorges, ils auront Vallet
...
Un rapprochement avec Françoise Vallet est-il envisageable ?
On a des préoccupations communes, mais de là à avoir des associations, il y a une grande marge. C'est
compliqué.
Pensez-vous que tout est à jeter dans le bilan de Jean-Pierre Gorges ?
Il a beaucoup bossé. Tout le monde est d'accord là-dessus. Que ce soit beau ou pas, c'est subjectif. Je n'aime pas la froideur des
boulevards. Son projet de pôle gare me paraît de conception ancienne, pas du tout du XXIe siècle. Ce n'est pas imaginatif sauf deux réalisations : la médiathèque et le
cinéma.
Et le parc aquatique ?
C'est scandaleux d'avoir lancé un projet de 60 millions d'euros six mois avant une échéance électorale. Ce projet n'était même pas
inscrit dans son programme de 2001. C'est se foutre de la démocratie.
Si vous étiez élu, quelle serait votre première action ?
Ce sera la mise en place de nos conseils de quartier. C'est de là que l'on va recréer le lien dans la ville.
SES TROIS PRIORITES
1°) LE LOGEMENT.
« C'est une urgence dans une ville qui a perdu un millier d'habitants. Les enfants des Chartrains n'arrivent plus à se loger
dans leur ville. Cette situation est vécue comme une injustice. Il faut s'y attaquer tout de suite. Nous proposons de construire 600 logements supplémentaires par an accessibles aux Chartrains,
notamment aux jeunes. Dans le logement social, nous souhaitons limiter la hausse des loyers et des charges à celle du coût de la vie. Une refonte complète de la politique de l'habitat est
nécessaire. »
2°) LE COMMERCE.
« On ne peut pas priver du jour au lendemain les commerçants de leur clientèle comme la municipalité sortante l'a fait dans
le quartier de la cathédrale. Il faut revoir toute la problématique du stationnement et de la circulation. Nous renégocierons la convention avec Qpark et proposerons la première demi-heure de
parking gratuite. Le mardi, le stationnement sera 30 % moins cher. Nous souhaitons développer les services aux consommateurs : navettes, halte-garderie... Nous réouvrirons à la circulation
l'itinéraire rue Percheronne, rue du Soleil d'Or, rue des Changes. »
3°) ASSOCIATIONS ET HANDICAP
« Nous avons prévu de créer une maison des associations dans les abbayes de Saint-Brice. Les associations doivent être mieux reconnues. Elles ont besoin que l'on garantisse leur
indépendance. Nous voulons par ailleurs que le handicap soit pris en compte dans tous les projets que nous mènerons. Un poste d'adjoint chargé du handicap sera mis en place. Nous réaliserons un
diagnostic avec les institutions sur l'ensemble de la situation du handicap à Chartres : accessibilité des bâtiments, transports, logements, scolarisation, etc. »
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